|
Depuis ce naufrage dramatique, la marine recherche
les siens. Elle a organisé de nombreuses expéditions
pour tenter de retrouver les disparus puis, au fil des décennies,
de comprendre ce quil advint des navires commandés
par Lapérouse.
:: DEntrecasteaux partit le premier en 1792 à
la recherche de la Boussole et lAstrolabe.
Ensuite, grâce aux indications du capitaine irlandais Peter
Dillon, qui rapporta en 1828 des objets authentiques de lexpédition
et un récit indigène du double naufrage, le commandant
Dumont dUrville découvrit en 1829, dans une fausse
passe dun récif, près de Vanikoro, les restes
de lAstrolabe, avec ancres et canons, et à terre
dautres objets identifiés. Par la suite, la marine
envoya régulièrement lun de ses bâtiments
stationnés à Nouméa.
:: En 1964, le patrouilleur
la Dunkerquoise.
Chargé dune nouvelle mission dans la zone
de Vanikoro, avec à son bord, lamiral de Brossard,
chef du service historique de la Marine, il envoya une équipe
de plongeurs. Cette expédition permit didentifier formellement
le second navire, la Boussole, dont on trouva la plaque de
signature. Lannée suivante, en 1965, une nouvelle expédition
fut organisée par la marine nationale. Les plongeurs remontèrent
des échantillons minéralogiques recueillis en 1788
par les scientifiques de la Boussole. Lanalyse de ces
roches permit de confirmer le passage de Lapérouse en Nouvelle-Calédonie.
:: En 1980 naquit lassociation
néo-calédonienne « Salomon » créée
et dirigée par Alain Conan.
Cette association a entrepris six campagnes de fouilles sur les
sites du naufrage, campagnes qui ont permis de découvrir
de nombreux vestiges et de mieux comprendre les circonstances du
drame. A chacune de ces expéditions, la marine a constamment
apporté son soutien et son concours, en transportant du matériel
et des hommes à bord de ses bâtiments.
:: En 1999 et en 2003.
Ce sont les patrouilleurs P400 la Moqueuse
et la Glorieuse qui ont apporté depuis Nouméa
un soutien logistique aux équipes de recherche déployées
sur place. Ces deux dernières expéditions ont été
couronnées de succès puisque la mission de 1999 a
permis la découverte des restes dun camp de survivants
par léquipe de Jean-Christophe Galipaud, archéologue
terrestre de lIRD.
En 2003, cest un squelette quasi complet de lun des
disparus que lon a retrouvé sur le site sous-marin
de la Faille.
Ces découvertes, moments
forts des deux dernières expéditions, viennent récompenser
le travail, la persévérance et les efforts déployés
par tous.
Ainsi, lors du dernier salon nautique qui sest tenu à
Paris en décembre 2004, jai décidé de
remettre la coupe du chef détat major de la marine
à Messieurs Alain Conan et Yves Bourgeois pour les remercier
de leur enthousiasme, leur pugnacité et leurs spectaculaires
découvertes qui portent depuis de nombreuses années
le mystère et la mémoire de Lapérouse et de
ses compagnons.
Lorsque Alain Conan a fait part à la marine
nationale de son projet de repartir une ultime fois, en 2005, sur
les traces de Lapérouse, il a été immédiatement
assuré de limplication du ministère de la Défense.
La marine mettra donc à la disposition de lassociation
Salomon le bâtiment de transport logistique Jacques Cartier
qui servira pendant un mois de base vie, logistique et de soutien.
Trois plongeurs du groupement des plongeurs démineurs (GPD)
participeront, aux côtés des plongeurs du Département
des recherches Archéologiques Subaquatiques et Sous-Marines
(DRASSM), aux recherches sous-marines. Lamiral François
Bellec, écrivain de la marine, et John Pendray, peintre officiel
de la marine, embarqueront également à bord du Jacques
Cartier, afin de réaliser un carnet de voyage sur cette expédition.
Le
ministère de la Défense, aux côtés
du ministère
de la Culture et de la Communication, et du ministère
délégué à la Recherche, apportera
une nouvelle fois son soutien à cette belle aventure.
Cette forte mobilisation permettra nous lespérons tous,
de percer lénigme de la disparition de Lapérouse.

----------------------------------------------------------------------------------------
:: Crédits photos :
> En haut à gauche : © G. Mermet
> Photo de lamiral Jean-Louis Battet, chef-d'état major : © marine nationale
|