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Piroguier à Vanikoro


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La découverte
de Vanikoro
 
 
Le 15 mars 1788, au terme d’un incroyable périple, les deux frégates lèvent l’ancre de Botany Bay, à quelques encablures de l’actuelle capitale australienne, Sydney.
 

C’est à cet instant précis que s’interrompt le récit du voyage consigné dans le précieux deuxième volume du journal de bord, tenu avec rigueur par le commandant de l’expédition. Les Anglais le rapporteront, eux, nos grands ennemis de toujours, et qui viennent tout juste de prendre possession de la Nouvelle-Hollande, future Australie.

Où sont-ils ? Qu’est-il arrivé à ces deux équipages d’exception ? Vers quel destin sont-ils partis, emportant avec eux le fruit de tant de travaux et découvertes ?

Il faudra attendre 40 ans pour que de premiers indices éclairent ce que fut leur destin.
En mai 1826, Peter Dillon, capitaine irlandais, bourlingueur des mers du sud, découvre lors d'une escale dans une petite île nommée Tikopia une série d'objets étranges tels qu'une coquille d'épée, sur laquelle se trouve les initiales de son fabricant, des lettres enchâssées indiquant la Ville de Paris et un poinçon de lettre des gardes-orfèvres.
Les témoignages des insulaires orientent Dillon vers l’île de Vanikoro à trois jours de pirogue vers le Nord. Île éloignée des routes maritimes et difficile d’accès ; le mauvais temps l’empêchera d’y débarquer.
Dans l'espoir d'une découverte d'un trésor, Dillon marchande et rapporte quelques-uns de ces objets. Il connaît l'histoire de Lapérouse, et sait très bien que la prime de 10.000 francs or offerte par Charles X pour tout indice concernant "l'expédition royale" disparue, court toujours.
Il rentre à Pondichéry, et fait part de ses découvertes au Consul de France.

Les objets seront rapidement authentifiés par Jean-Baptiste Barthélémy de Lesseps, débarqué à Petropavlovsk (Kamchatka) par Lapérouse 39 ans plus tôt, et qui rapporta le premier volume du Journal de Lapérouse.
Dillon arme alors un nouveau navire et repart aussitôt vers l’île au trésor en 1827. L'île se révèlera en effet très vite comme étant le lieu du naufrage. C'est lors de ce voyage qu'il pressent l'existence de l'épave d'un des navires dans la Faille.
La tradition orale des insulaires qu'il continue de recueillir, raconte aussi qu'une tempête aurait jeté les navires sur la barrière corallienne. Ces mêmes récits font état de nombreux survivants qui se serait installés sur la côte, près d'une rivière où ils construisirent un camp dans lequel ils vécurent avant de repartir dans une ou plusieurs embarcations.

De son côté, un Français, Dumont d’Urville, est en mer depuis plusieurs mois, envoyé lui aussi sur les traces de Lapérouse, dans le sillage des précédentes missions de recherches toutes restées vaines. Il apprend la découverte de Dillon durant son escale en Tasmanie et décide alors de faire route immédiatement vers ce vieux volcan effondré qui vient d’entrer dans l’Histoire... pour une éternité.

L’île se révélera très vite comme le lieu du drame : Peter Dillon y arrive le premier et découvre rapidement les restes de l’un des navires dans une fausse passe du lagon : la Boussole ou l’Astrolabe ? Le doute subsiste toujours aujourd’hui.

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 LES EXPEDITIONS DE RECHERCHE JUSQU’EN 1964


D’autres expéditions de recherches se succéderont, mais peu nombreuses en raison de l’éloignement de toutes routes maritimes de cet ancien volcan du bout du monde dont le climat est épouvantable.
L’île de Vanikoro entre désormais, elle aussi, dans la légende.

Dumont d’Urville y parviendra plusieurs semaines après le passage de Dillon. Il en ramènera ancres, canons et autres objets divers et variés qui sont désormais à Albi ou au Musée national de la marine de Paris.

Le « Mystère Lapérouse » ne va rebondir qu’ au début des années 60, lorsque la seconde épave, que l’on pense alors être La Boussole, commandée par Lapérouse, est découverte par la marine nationale et l’équipe de l’Amiral de Brossard, dans une faille de la barrière de récif, à moins d’un mile nautique du site dit de l’Astrolabe.

Si le mystère de « l’épilogue » Lapérouse s’est enrichi de quelques certitudes… et de nombreux objets trouvés sur les épaves… il reste à élucider de nombreuses énigmes toutes aussi passionnantes et qui relancent sans cesse ce jeu de piste infernal et troublant :

Dans quelles circonstances le drame s’est-il produit ? Y a-t-il eu des survivants ? Si oui, où sont-ils allés ? Ont-ils pu établir un camp de fortune et vivre dans cet enfer ?

Ont-ils pu débarquer et vider le contenu des cales du navire rescapé ? Où se trouve ce « trésor » résultant de deux ans et demi de recherche autour du monde ?

Ont-ils reconstruit une embarcation pour quitter cette prison naturelle ? Sont-ils parvenus à s’échapper? Vers quelle destinée? Ont-ils été massacrés sur l’île ?

Certains sont-ils réellement restés sur l’île pour garder leur précieuse cargaison et si oui que sont-ils devenus ?
Les natifs de l’île porteraient-ils des traces génétiques ?

Cette île est souvent présentée comme un enfer, les instructions nautiques de 1950 précisent : « Vanikoro / climat mortel pour les occidentaux…. » !



 Mais où est la vérité ?


Depuis, historiens, archéologues et plongeurs relisent, analysent, recherchent toujours les témoignages encore vivants, et tentent par tous les moyens de comprendre ce qui s’est réellement passé durant cette nuit de cyclone tropical un certain jour de 1788.

Depuis 25 ans, l’association néo-calédonienne Salomon, créée et présidée par Alain Conan, a repris le flambeau des recherches et met tout en œuvre pour résoudre toutes ces énigmes. Six campagnes de fouilles ont ainsi été mises en œuvre depuis 1981 sur les traces de l’illustre navigateur et de ses 220 marins.

À Vanikoro, sur cette île perdue du Pacifique sud, régulièrement balayée par les cyclones, se retrouvent alors passionnés, plongeurs, archéologues et scientifiques pour trouver et comprendre ce qui s’est réellement passé.

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:: Crédits photos:
>
Gravure de Duché de Vancy, © Y. Bourgeois
> Autre photo : © Association Salomon

 
 
Gravure de Duché de Vancy, © Y. Bourgeois
 
© Association Salomon
 
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